Libertés et psychotropes

Camille Allain, étudiante à Sciences Po Paris en séjour d'étude au Pérou, nous livre ses réflexions sur la légalisation des drogues à travers son expérience d'une substance locale : l’Ayahuasca.

Pour parler de la légalisation des drogues en France, j’aurais pu faire un article sur celle du cannabis. Un article pseudo provocateur disant que le cannabis est diabolisé, qu’il faut laisser les gens libres d’eux-mêmes et qu’en Hollande ça marche bien. Seulement voilà, de tels articles sont déjà sortis sans que le débat n’avance plus, et il m’a fallu une semaine dans une communauté Shipibo au Nord du Pérou pour reconsidérer le problème sous un jour nouveau, après avoir fait l’expérience d’une drogue hautement spirituelle: l’Ayahuasca. Un psychotrope illégal sur notre territoire depuis 2005, mais autorisé au Pérou et au Brésil, pour des raisons culturelles.

C’est donc sans barrières légales mais non sans barrières psychologiques, que j’ai pu expérimenter l’Ayahuasca lors d’une cérémonie chamanique. Une expérience magique et qui au fond m’a fait relativiser et envisager sous un autre angle la lutte contre les drogues.

Conférence Autonomie des jeunes - G. Allègre, L. Deniaud, B. Julliard, B. Palier

La jeunesse - définie comme la période séparant la fin de la scolarité obligatoire de l’accès à l’indépendance financière et résidentielle - est, en France, peu autonome. Plusieurs facteurs jouent contre l’autonomie des jeunes: le système scolaire, tourné vers la sélection d’une élite, le marché du travail qui les condamne aux contrats précaires et une protection sociale inégalitaire.

Au cours des dernières décennies, les inégalités de génération se sont inversées. Alors qu’en 2012 la jeunesse est au cœur des préoccupations des politiques, quelle politique d’autonomie des jeunes mettre en œuvre ? Comment garantir une formation initiale conforme aux aspirations des jeunes et non discriminante ? Comment sortir les jeunes de la précarité sur le marché du travail ?

Un Claude chasse l'autre

Du premier, nous retiendrons une analyse brillante des avatars exotiques de l’Autre, qui a su donner à des Européens paralysés depuis des siècles dans un réflexe ethnocentriste, l’occasion d’apprendre l’humilité. Du second, nous ne retiendrons que la destruction méticuleuse, à des fins politiciennes, du peu de respect que l’illustre ethnologue était parvenu à nous inculquer à l’égard de populations que nous avons trop souvent été tentés de qualifier « d’inférieures ».

Compte-rendu de la conférence "L'Europe contre l'Europe ?"

Le public était très nombreux dans l’amphithéâtre Jacques Chapsal lundi 28 novembre 2011, pour le lancement du cycle de conférences de Terra Nova à Sciences Po – en partenariat avec les Jeunes Européens Sciences Po pour cette première conférence.

Le thème de la soirée pouvait paraître ardu – la question du déficit démocratique en Europe – mais il était plus que jamais d’actualité, du fait de la crise des dettes publiques en Europe.

Conférence : l'Europe contre l'Europe ?

L'Europe contre l'Europe : la construction européenne à l'épreuve du déficit démocratique, avec Elisabeth Guigou, Renaud Dehousse et Olivier Ferrand 

L’adversaire de l’Union Européenne est-il aujourd'hui le souverainisme de ses Etats membres, ou l’Europe elle-même ? En 2009, Terra Nova soutenait que la construction d’une Europe technique l’avait éloignée du projet originel d’une Europe politique et aurait même contribué à creuser un clivage entre les peuples et les institutions européennes. L’Europe n’aurait jamais franchi complètement le pas du fédéralisme, la deuxième étape de la « méthode Monnet », et serait désormais retenue dans un état bâtard : géant aux pieds d’argile, sa légitimité démocratique ne serait pas à la mesure de ses compétences économiques.

Trois ans plus tard, les conséquences de la crise des dettes souveraines viennent renforcer cette thèse, à l’instar de la levée boucliers provoquée par l’initiative de référendum grec, la porte de sortie pointée du doigt par le couple Sarkozy-Merkel et les marchés pour les Premiers ministres Papandréou et Berlusconi, ou encore la proposition allemande d’un « président de l’Union Européenne ». Ces développements nous invitent à réfléchir aux tendances de fond qui se profilent et aux enjeux qu’elles soulèvent : l’ambition principale de l’UE doit-elle être l’union politique ou sa bonne santé économique ? Quelle place accorder aux peuples et aux voix nationales qui s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer des politiques de rigueur imposées par les « technocrates de Bruxelles » ?