Libertés et psychotropes

Camille Allain, étudiante à Sciences Po Paris en séjour d'étude au Pérou, nous livre ses réflexions sur la légalisation des drogues à travers son expérience d'une substance locale : l’Ayahuasca.
Pour parler de la légalisation des drogues en France, j’aurais pu faire un article sur celle du cannabis. Un article pseudo provocateur disant que le cannabis est diabolisé, qu’il faut laisser les gens libres d’eux-mêmes et qu’en Hollande ça marche bien. Seulement voilà, de tels articles sont déjà sortis sans que le débat n’avance plus, et il m’a fallu une semaine dans une communauté Shipibo au Nord du Pérou pour reconsidérer le problème sous un jour nouveau, après avoir fait l’expérience d’une drogue hautement spirituelle: l’Ayahuasca. Un psychotrope illégal sur notre territoire depuis 2005, mais autorisé au Pérou et au Brésil, pour des raisons culturelles.
C’est donc sans barrières légales mais non sans barrières psychologiques, que j’ai pu expérimenter l’Ayahuasca lors d’une cérémonie chamanique. Une expérience magique et qui au fond m’a fait relativiser et envisager sous un autre angle la lutte contre les drogues.
La jeunesse - définie comme la période séparant la fin de la scolarité obligatoire de l’accès à l’indépendance financière et résidentielle - est, en France, peu autonome. Plusieurs facteurs jouent contre l’autonomie des jeunes: le système scolaire, tourné vers la sélectio
Du premier, nous retiendrons une analyse brillante des avatars exotiques de l’Autre, qui a su donner à des Européens paralysés depuis des siècles dans un réflexe ethnocentriste, l’occasion d’apprendre l’humilité. Du second, nous ne retiendrons que la destruction méticuleuse, à des fins politiciennes, du peu de respect que l’illustre ethnologue était parvenu à nous inculquer à l’égard de populations que nous avons trop souvent été tentés de qualifier « d’inférieures ».
